Le coup de la chatière

Le coup de la chatière

Gouffre de la Muraille de Chine

Mercredi 17 Août 2016

Participants : Odette et Christian CHARLETTY – Bruno SOURZAC

Par une chaude journée d’août, une souris et deux matous déambulent dans un canyon en pleine moyenne montagne. Attirés par la fraicheur, ils pénètrent dans un soupirail. Dans la première salle, ils s’engluent un peu les pattes à cause des dernières crues qui ont sensiblement modifié le paysage, mais surtout déposé une espèce de limon argileux bien collant. Téméraires, ils continuent tranquillement. Bien leur en prend, car le plus vieux matou, un habitué des lieux, constate que l’étiage est à son paroxysme. Tout va pour le mieux, quand on connait l’aversion des chats pour l’eau…

Arrivés dans un élargissement, l’un d’eux ne sentant plus très bien ce qu’il a sous les coussinets (nrld : et pour cause, ils se trouvent en tête du fameux Sumo) est attiré par une odeur de poulet, je dirais même plus, une odeur de poulet boukané. Avec agilité, ils remontent le long de filins déjà en place. Une traversée quelque peu arrosée les fait hésiter. Mais l’odeur se fait plus prégnante, ils continuent.

Et les voilà tous réunis sur une margelle bien exiguë. Au-dessus, plus de filin et le poulet s’est évaporé… Devinant la surface proche, le plus jeune des chats s’essaie à une escalade (nlrd : c’est d’ailleurs pour ça qu’ils sont venus !) et après moult oppositions et reptations verticales, il parvient à une nouvelle petite terrasse, juste après avoir surmonté un rétrécissement. Quelle belle souricière pense-t-il, et il s’enquiert d’en vanter la commodité des lieux à dame souris. Lui disant qu’elle va rapidement se réchauffer, elle mord à l’hameçon, et la voilà qui suit.

Pressé comme il l’est, il l’attend juste en haut, la commissure des lèvres déjà bien humectée. La souris paisiblement progresse, évalue le passage, et s’engage… Et puis, aussi soudain qu’une envie de pisser, elle s’arrête. Ça doit tenir de l’intuition féminine, tous les arguments pour la faire avancer n’y font rien, elle renonce. Lui, le chat du haut se voyait déjà assuré de sa prise, n’ayant plus rien à craindre de l’autre matou bien trop costaud pour se faufiler là où ils étaient passés. A sa grande déception, elle redescend. Le matou du bas ronronne.

Changement de stratégie, le chat du haut invite le matou du bas à essayer de s’extraire par le haut de cette « souricière » : toutes les mesures indiquent que la surface est là, à portée de patte. Le vieux matou n’en est pas à sa première étroiture, il devine le stratagème mais s’engage. Entre temps, quelques aménagements ont sensiblement amélioré le passage et après moult feulements (nlrd : dont certains, d’après les témoins, s’écoutèrent jusqu’au bas du Jumo !), les deux félins sont à nouveau réunis. Mâhoouu !!! (nlrd : la gazette de Flaine relate que des randonneurs en perdition justement à proximité de ce fameux canyon de la MDC auraient entendu des miaulements, vers 16h, venant d’une quelconque fissure entre les rhodos…).

Quelques mètres plus haut (nlrd : une cinquantaine depuis la margelle exigüe), il faut se rendre à l’évidence, ça ne passe plus. Ils abandonnent quelques lianes en dyneema et retournent sur leurs pas. Entre temps, la souris s’est fait la belle, mais les deux matous la retrouvent sans mal, proche de la sortie (nlrd : évidement, elle avait oublié son pantin !). Ils ont piqué tout ce qu’ils pouvaient au-dessus de la traversée arrosée (nlrd : déséquipé).

TPST : 5h30 x 7 (nlrd : indexé sur le temps de nos amis à poils)

 

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