Sortie du 31 Janvier 2014

7 Participants : David CANTALUPI, Christian CHARLETTY, Stéphane DALMAYRAC, Patrick GUICHEBARON, yoann HABEREY, jean RIVIERE et bruno SOURZAC. 

Objectif : dompter le monstre et voir la suite

Golet du solfatare, sortie du 31 janvier 2014

 

Participants : Guich, Charlot, Jean, Yoann, Bruno, Steph & Dav

Objectifs : Repousser les limites du Solfatare

 

Pour un vendredi, y’a du monde au Pmu des Carroz, et ce n’est pas pour le prix de Diane ou de l’arc de triomphe qui de toute façon se court le dimanche. Non ce n’est pas non plus un assemblé de retraité venu écluser leurs petits blancs matinal. C’est bel et bien le SCMB qui arrive en rang séré pour le petit noir du matin, bien décider à affronté le grand noir de l’après midi !

Il faut bien dire que ça fait un moment qu’on l’attend cette sortie, avec le redoux des dernières semaines, on a eu le temps de la fantasmer.

Petit rappel des faits, lors de la dernière sortie portage de matos vers le fond, Bruno à trouvé un shunt pour le départ du grand puits arrosé qui nous avait arrêté deux ans plus tôt. Non seulement un shunt a été trouvé, mais ils ont pu pousser une reconnaissance jusqu’à arriver à une vingtaine de mètres du fond par manque de corde.

 

Aujourd’hui, y’a du monde, on est en plus super calé ! Chacun à son rôle à jouer et on est partie pour remonter du résultat ! Bon, c’est sur dit comme ça, vous vous dites :

-Le Dav il va encore nous en sortir une grosse…

Mais non j’vous jure, lisez jusqu’au bout, des sorties comme ça, vous n’en faite pas tout les vendredis, ni même les autres jours de la semaine…

Bon, je peux commencer ??? Tout le monde est attentif ??

 

Donc rendez vous 8h au Pmu et tout le monde est pile à l’heure (signe d’importante sortie, si, si…) et même pas on traine pour boire le jus. On monte fissa vers le parking des Molliets ou l’on laisse deux véhicules pour une navette plus commode et on s’entasse tous dans le superbe fourgon de Yo et Jean… C’est bien la première fois que je monte dans un fourgon de CRS sans que ça sente ni la pisse ni le vomi de clodo, ça doit pas être un vrai…

D’ailleurs il en est tout ébahi (ndlr)….

 

Bref, on chausse les raquettes sur le parking de la muraille et hop on encape le canyon à la descente. On n’allait quand même pas transpirer en se le faisant à la montée, chargés comme des mules !

Changement rapide, préparation des kits expresse. Et hop, 10h on saute dans le trou ! Ca faisait  longtemps que l’on n’avait pas été aussi matinal.

 

On se retrouve tous ensemble une dernière fois dans la grande salle de -280, ou chacun refait son kit, en laissant un peu de bouffe, ou une bouteille d’eau pour la remontée…

 Pour la répartition des taches, ça se passe comme suit…

Charlot, Yoann et Jean : équipe topo avec première mission, topographier l’escalade qu’a fait Bruno dans la trémie. Ensuite, après déséquipement de celle-ci, cavalcade jusqu’au fond et reprise de la topo à l’arrêt des explos en haut du puits « Ginnungagap »http://fr.wikipedia.org/wiki/Ginnungagap

En allant le plus loin possible !

 

Steph et Guich : vont se concentrer sur l’ajout d’un peu de confort au puits du kraken, avec pose de marches et d’une corde guide pour éviter au max l’eau.

Bruno et moi : Départ pour le fond avec pour mission de peaufiner l’équipement commencé il y a quelques semaines dans le puits Ginnungagap et poursuivre au-delà le tout en ramenant un max de photo de l’aval du trou.

 

Me voila donc sur le chemin du fond avec Bruno devant et suivi de près par Steph et Guich.

Un premier arrêt photos dans le puits des druides s’impose. Nous avons pour le moment assez peu de photos de cette zone.

 

 

A la sortie du puits des druides (-352)  nous sommes vite sur le kraken, ce puits qui nous avait arrêté une saison durant en raison de d’une roche pourrie à souhait, d’une eau tumultueuse qu’il a  fallu drainer avec des bâches avant de jouer les acrobates pour s’en échapper.

Le kraken tel qu’on l’imagine…

Le kraken vu d’en haut…

 

Le kraken vu d’en bas…

 

Les strates de sénonien tourmenté aux pieds du Kraken à la cote - 388. Ou bien est-ce le nœud de ses tentacules ? (bonjour madame)…

 

Après cette petite mise en bouche photographique, nos estomacs commencent à se faire entendre, et comme là ou nous sommes, on se trouve un petit endroit sec, autant en profiter pour casser une petite croute. L’après midi promet d’être longue.

 

Et pendant que certains font bombance et cassent la croute, d’autres se cassent les bonbons et accessoirement la roche….y’en a qui bossent. Steph est parti devant se débattre avec les griffes du kraken en lui plantant cordage tendu (comme nous) et marches banderillesques. Je complèterai l’équipement à la remontée.

 

La galerie knus bera ou coule l’eau qui nous accompagne vers les profondeurs du massif, ressemble grandement à celles que nous avons à la muraille sans pour autant qu’elles soient à la même altitude.

 

Des remplissages, des fistuleuses, une rivière calme… ne serait on pas au Walhalla ??

 

Bon manifestement, le Walhalla, ce n’est pas pour tout de suite, nos valeureux vikings ne sont pas encore au bout de leur peine. Il est grand temps de ranger l’appareil photo pour la trousse à spits et le perfo. C’est que devant nous nous attend le passage obligé entre le monde de la glace et le monde du feu le puits du Ginnungagap (-400)!!

 

Sans déconner, qui osera dire que de lire les comptes rendus du SCMB ne vous rendent pas plus intelligents. ??? Quelle culture ! Et puis on te fait voyager bien au chaud sans à avoir à sortir de ton bureau. Merci qui ???

Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à nos vikings…

 

Bruno qui connait déjà les lieux se remet à la tache, pendant ce temps, je peaufine derrière, un vrai travail d’orfèvre ! Bon d’accord, on a jamais vu des orfèvres travailler avec 100m sous les miches… Si bien qu’on arrive à poser les pieds au fond de ce puits sans fond. Non mais, il faut le mériter le royaume d’ Ásgard !

 

 

Ambiance…

 Manifestement, ce n’est pas pour tout de suite, la ou nous posons les pieds, ça ne ressemble pas vraiment aux plaines d’Idavoll, Rien de plat, ici tout est torturé, plissé, tordu. Sans nul doute en ces lieux, des dieux puissants se sont affrontés. Est ce l’œuvre de Thor affrontant les forces du chaos ?

Tout cela est bien possible en voyant notre environnement Quelque peu bousculé…

Les strates en forme de U…

 

Le sol, n’est que chaos de blocs de toutes tailles, qu’il nous faut désescalader pour rejoindre le fond de cet enchevêtrement cyclopéen.

L’aventure aurait pu s’arrêter la, comme un drakkar échoué sur la banquise par temps de brume. L’eau de la riviere des walkiries court sous les blocs, mais si elle se fait entendre, elle ne se laisse voir. La chance est avec nous, sous un gros bloc en appui, un passage subsiste, bien que peu engageant, c’est notre seul espoir de poursuivre notre périple.

Encore une fois, Odin est de notre coté ! Ca passe !!

 

Le passage dans la trémie…

On quitte ces lieux tourmenté pour suivre un méandre entrecoupé de ressaut au contact albien sénonien.

 

Parfois, il nous faut nous élever vers des niveaux plus fossiles, ou l’on rencontre de drôle de chevrons d’argile peigné recalcifié…

 

Avant de retrouver l’eau qui s’égaille de cascatelle en cascatelle, nous occasionnant quelques difficultés dans le franchissement de bassin profond…

 

 

Ce qui est troublant, c’est que le drain que nous suivons n’est pas du tout axé sur une faille comme pouvait le laisser supposer la carte géologique, nous sommes bel et bien dans un méandre, ou plutôt dans une vieille conduite forcé surcreusée en méandre, celui-ci atteint parfois plus de dix à quinze mètres de haut. Mais lorsque des décollements de paroi nous obligent  à prendre de la hauteur et que l’on se rapproche du plafond, celui ci est rigoureusement lisse et plat, un beau chenal de voute que ne vient absolument pas strier la moindre fracture. D’ailleurs, sur les cent mètres parcourus, nous n’avons pas rencontré la moindre arrivé d’humidité autre que la rivière à nos pieds.

 

Le méandre s’élargit parfois…

 

Il est déjà bien tard lorsque nous faisons demi-tour, pour ne pas prendre trop d’avance sur l’équipe topo. C’est devant un ressaut de quatre mètres que nous nous arrêtons bien que la tentation soit grande de pousser plus loin.

 

La remontée se fera échelonné et laborieusement entre les pauses photos, les pauses bouffe, hydratation, ou les pauses pour faire une pause… Près de trois heures séparent le premier sorti du dernier, mais de l’avis général, c’est une cavité difficile qui pompe beaucoup d’énergie. Pour gagner son statut de viking,  car en ressortant d’une telle épreuve,  nous sommes des vikings. Au sens noble, des explorateurs ! (Le viking est aussi Paien, un peu barbare également pour s’infliger volontairement autant de douleurs…)

La sortie nocturne sous un ciel étoilé ajoute un petit coté magique que l’on arrose à l’hydromel, non pardon, à la mirabelle. Autre lieux, autre époque, autre breuvage…

 

Quelques chiffres pour cette sortie mémorable :

-          7 vikings engagés sous terre

-          -553m cote de profondeur topographié

-          345m de levé topo

-          1495m de développement total pour le golet du solfatare

-          14 h pour la TPST

Je n’ai pas compté combien de brassées pour remonter les innombrables puits…

 

 

Les vikings du jour :


 

Texte : Dav (+guich)

Photos : Dav & Bruno§ guich

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